Pourquoi sommes-nous aujourd’hui en France dans une démocratie bloquée ?

Force est d’abord de constater que la démocratie en France fonctionne de plus en plus mal. Ce n’est donc pas par erreur que la France est classée à la 23 èm place sur 24 (dernier le Costa Rica) des « démocraties » – full democraty –  établi par l’Index de la Démocratie 2014 (The Economist Group) après en être sortie en 2011…

Pourtant, rien ne semble à priori justifier ce résultat. Si, par exemple, les Elections Régionales 2015 des 06 et 13 décembre 2015  sont analysées, que pouvons-nous constater : en Métropole, au 1er tour, 131 listes sont présentes soit un nombre moyen de listes par Région de 10,06 et 19 283 candidats pour 1.671 + 51 (Corse) conseillers régionaux. Nous avons donc bien au départ une offre plurielle satisfaisante pour représenter les Français. Mais au final, à l’issue du 2èm tour, quels sont les résultats significatifs :

1- une abstention très élevée, 50,09% au 1er tour, 41,36% au 2èm tour (c’est plus de 19.000.000 de Français qui n’ont pas voté …),

2- une représentation concentrée à 95% uniquement sur 3 listes (PS, Les Républicains, FN),

auxquels devraient s’ajouter (compléments non encore publiés à ce jour par le Ministère de l’Intérieur) :

3- un déséquilibre important dans les catégories d’origine des Elus, notamment presque 1 sur 2 Elu régional devrait être issu du secteur public (fonction publique et entreprises publiques) confirmant les résultats de 2010 (sur 1880 Elus, 46,50% – presque 1 sur 2 – étaient des fonctionnaires et des personnels d’entreprises publiques, des retraités de la fonction publique et des entreprises publiques).

4- presque 1 sur 2 devraient être des réélus comme en 2010.

 Les résultats seraient identiques si les autres élections municipales, départementales ou législatives, européennes étaient analysées.

Quelles leçons peut-on en tirer ? Tout d’abord, il y a le comportement des Electeurs – et d’eux seuls – Il aboutit mécaniquement et mathématiquement à une concentration maximale des listes et des Elus. Le statut de la fonction publique et dans les entreprises publiques associé au cumul  des mandats expliquent le maintien du fort déséquilibre en faveur des fonctionnaires qui est devenu structurel et les réélections nombreuses. Si on ajoute à cela, la mainmise effective de certains  (ENA, Hauts fonctionnaires notamment) sur les directions des partis politiques, les conditions de financement des campagnes électorales, certaines modalités des lois électorales, le comportement des médias, la boucle est définitivement bouclée et la démocratie bloquée.

Toutes les élections, qui sont les piliers de la démocratie, étant concernées de la même manière, le problème de représentation se transforme en un vrai problème de démocratie et c’est là que commence le danger puisque c’est ce problème là qui a engagé la France dans la voie du déclin.

 Quelles solutions à proposer ?

1-     vote obligatoire pour toute élection,

2-     interdiction du cumul des mandats ; un seul mandat renouvelable deux fois,

3-     démission des fonctionnaires élus,

4-     révision du financement des campagnes électorales,

5-     révision du code électoral et des obligations des médias durant la campagne.