Largement commentée, largement contestée, la réforme du droit du travail en cours de discussion, pourtant nécessaire pour donner de la souplesse et commencer à rendre notre économie plus compétitive, porte un défaut majeur, véritable marqueur de la fracture entre les deux France, jamais relevé : elle ne s’adresse et ne se concentre que sur le secteur privé c’est-à-dire sur des salariés qui subissent déjà les crises depuis plusieurs décennies (le chômage de masse, à un niveau inacceptable, a commencé dès les premières années de la présidence de François MITTERRAND en 1984, à plus de 10% déjà …).

Rien sur le secteur public au sens large (Etat, Administrations, Collectivités territoriales, sociétés publiques, organismes parapublics,…) qui est pourtant le responsable direct, sinon de très loin le principal responsable de la non compétitivité des entreprises françaises.

Cela est dit partout, cela est écrit partout, dans tous les rapports, mais c’est aujourd’hui beaucoup plus qu’un tabou, c’est devenu un non-dit que l’on ne peut pas nommer (innommable).

La France peut continuer de s’affaisser, tomber dans le déclin mais le secteur public restera à l’abri de ses privilèges d’un autre temps, sans rapport avec la qualité du service qu’il apporte, trop cher, trop compliqué dans la mondialisation.

La France, pour son malheur, est prisonnière d’une « caste » qui, dans les faits et les pratiques, l’a asservi et les vraies réformes à mener, les vraies marges de manœuvre (de plusieurs dizaines de milliards d’euros) sont à l’évidence dans le secteur public (organisation, productivité, statuts, retraites, régimes spéciaux, absentéisme, supplément familial, garantie de l’emploi, primes, prébendes, surnombre, etc, …).

Il faut tout refondre dans la transparence et ce n’est pas injurier les fonctionnaires que de demander le respect de l’égalité pour tous les Français, et redéfinir un nouvel équilibre Public / Privé qui prend en compte les réalités actuelles de la mondialisation.

Alors l’économie française pourra être réellement compétitive avec un Etat « compétitif » car la compétitivité d’une nation est bien la somme des deux compétitivités : économie + Etat. 

Faut-il encore une fois rappeler que l’économie est et reste, quoiqu’en pense la Gauche qui n’a jamais ou si peu travaillé, ni jamais pris le risque réel de créer de la richesse par elle-même, n’est même pas solidaire de l’entreprise, la clé essentielle du redressement de la France.